Pourquoi Debian...

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A question du nombre de distributions est récurrente dans le monde GNU/Linux. Pourquoi tant se disperser alors qu'un seul produit serait plus robuste, et «commercialement» plus visible? Peut-être, mais la divergence fait partie de la condition des logiciels libres: plutôt que d'être exclu ou de se disputer, un dissident a toujours le droit de reprendre le projet et de l'adapter à sa façon.

Il ne s'agit peut-être pas d'un vrai problème, étant donné le nombre de distributions qui survivent dans le monde GNU/Linux. Si SuSE a été achetée par Novell qui désirait un OS lié à ses «solutions»-réseau, l'entreprise Red Hat vit par elle-même, tandis que deux distributions sans but lucratif, Slackware et Debian, existent depuis 1993.

Les spécificités Debian

Debian a défini un contrat social, qui promet de rester libre, tout en acceptant que certains utilisateurs peuvent désirer pouvoir intégrer des travaux non-libres (l'exemple le plus courant est le pilote «fermé» pour certains périphériques). Tous les acteurs du libre n'ont pas cette largeur d'esprit.

Grahique de l'évolution du nombre de paquets des distributions, chiffres repris dans le texte.

Le nombre de paquetages dans les distributions successives de Debian est en forte croissance. Woody (2002): 8 500 ; Sarge (2005): 15 000 ; Etch (2007): 18 200 ; Lenny (2009): 25 000 ; Squeeze (2011): 29 000 ; Wheezy (2013): 37 000 ; Jessy (2015): 43 000, Stretch (2017): 51 000 et enfin Buster: 55 000. Une telle progression (de 8 500 à 55 000 en dix-sept années) équivaut à un accroissement annuel de 11,6% (façon intérêts composés). Cela signifie qu'à part certains logiciels commerciaux sans correspondance dans le monde du libre (des jeux de baston pour consoles, notamment), vous trouverez souvent plusieurs logiciels en réponse à vos désirs dans les dépôts Debian.

Debian prend son temps: une version ne sort que quand elle est prête. S'il est vrai qu'il faut en général deux années pour qu'arrive une nouvelle version, cela veut également dire que les versions des logiciels qui la composent sont dans leur pleine maturité. Néanmoins, l'attente de Sarge (trois années) est probablement à l'origine de la création d'Ubuntu, et l'équipe Debian est bien consciente que deux ans est un délai maximum entre deux versions majeures.

Il existe également une version constituée de versions plus récentes de logiciels: la testing. Même si elle n'est pas conseillée pour une utilisation «en production» (dans votre entreprise ou durant votre thèse de doctorat), elle n'occasionne que peu de problèmes de jeunesse. J'utilise parfois la nouvelle version testing dans sa période de gel, c'est-à-dire quand elle est en phase de correction des derniers bugs, deux ou trois mois avant son édition en stable.

Dérivées

Debian est une distribution de référence. Sa robustesse fait qu'elle est la base de nombreuses dérivées, au système de paquetage .deb.

Généralistes 2019.03

Spécialisées 2019.03

Autres distributions

Le système de paquetage deb, commun aux distributions dépendant de Debian, n'est pas le seul.

Slackware, la doyenne des distributions.

RedHat, au système de paquetage rpm repris par les distributions Fedora, Suse, Madriva/Mageia, CentOS, OracleLinux, PCLinuxOS...

ArchLinux, au système de paquetage pacman repris par Manjaro et Frugalware.

Gentoo, au système de paquetage portage repris par ChromeOS et SystemRescueCD.

D'autres distributions indépendantes, comme SailfishOS, LinuxFromScratch, TinyCoreLinux, PuppyLinux, Android...

Le site distrowatch.com renseigne les différentes distributions GNU/Linux.