Étapes de l'élaboration du mythe d'Arthur

A

RTHUR aura fait rêver des générations de nostalgiques du moyen âge. Il s'agit pourtant d'une «histoire» basée sur un nom tardivement apparu dans une liste de chefs de tribus, à laquelle s'est rattaché un ensemble de mythes celtiques et chrétiens.

Reconstitution en cours.

407 – Proclamé empereur par son armée, Constantin III quitte avec elle la Grande-Bretagne pour réorganiser la défense de l'empire.

v540 – Dans son ouvrage «Sur la ruine et la plainte de la Bretagne et les reproches éplorés contre les rois, les nobles et les prêtres», le moine breton Gildas le Sage mentionne des rois de l'époque, sans citer Arthur.

v731 – «L'Histoire ecclésiastique du peuple anglais» de Bède le Vénérable est une compilation d'ouvrages existant, qui ne cite pas Arthur.

IXe – Remontant peut-être au VIIe, le poème gallois «Y Gododdin» loue les héros morts à la bataille de Catraeth (v600), dont Arthur.

v830 – «L'Histoire des Bretons», attribué à Nennius, mentionne Arthur, identifié au chef de guerre Riothamus.

v970 – Les «Annales de Cambrie» cite un Arthur vainqueur pour la bataille du mont Badonen (516, plusieurs lieux possibles) et mentionne la bataille de Camlan (v537, lieu non identifié), où Arthur est tué.

v1138 – Dans «L'histoire des Rois de Bretagne», le gallois Geoffroy de Monmouth fait d'Arthur un descendant des Troyens et le roi libérateur des Bretons contre les Romains (retirés de Grande-Bretagne en 411). Blessé lors de la bataille de Camlan, il est transporté dans l'île d'Avalon en 542. Geoffroy précisera dans sa «Vie de Merlin» (1148) qu'il faudra beaucoup de temps à Morgane pour guérir Arthur.

1155 – Le trouvère Wace adapte en normand «L'histoire des Rois de Bretagne» sous le nom «Roman de Brut».

v1160 – Chrétien de Troyes cite Arthur dans ses romans de chevalerie, introduisant la quête du Graal dans son dernier, «Perceval ou le Conte du Graal» (v1185). Robert de Boron en fait le calice où Joseph d'Arimathie recueille le sang du Christ dans son «Estoire dou Graal», écrite dans la dernière décennie du XIIe.

1191 – Découverte à Glastonbury (Pays de Galles) d'une tombe contenant une croix de plomb portant les inscriptions latines «Ici gît l'illustre roi Arthur, enseveli avec Guenièvre, sa seconde femme, dans l'île d'Avalon». Cette trouvaille met fin à la légende du retour possible d'Arthur, qui pouvait déstabiliser l'aristocratie féodale.