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La résurrection

La mise au tombeau

Les quatre évangiles parlent d'un Joseph d'Arimatie, qui n'intervient qu'ici, venu réclamer à Pilate le corps de Jésus. Il était «membre du conseil» selon Luc et Marc, ce dernier précisant qu'il attendait le royaume de Dieu (Mc 15:43, Mt 27:57-58). Luc et Jean le disent disciple de Jésus, le premier précisant qu'il était riche et qu'il n'avait pas requis la mort de Jésus, étant dans l'attente du Royaume de Dieu (Lc 23:50-51), le second qu'il a exposé sa requête en secret par peur des juifs (Jn 19:38).

Seul Marc précise que Pilate s'est étonné que Jésus fût déjà mort, ce que lui confirme le centurion (Mc 15:44-45), tandis que Jean nous apprend que le tombeau était dans un jardin attenant au lieu du supplice, et que le corps fut aromatisé, Joseph ayant été rejoint par Nicodème qui fournit un mélange de myrrhe et d'aloès (Jn 19:39).

Jésus est alors entouré d'un linceul (des linges pour Jean) puis mis dans un tombeau taillé dans le roc, une pierre étant ensuite roulée devant l'entrée. Matthieu précise que le tombeau appartenait à Joseph d'Arimathie, Luc et Jean que le tombeau n'avait jamais été utilisé (Mt 27:59-60), Mc 15:46, Lc 23:53, Jean 19:41).

Les synoptiques précisent que des femmes ont suivi Joseph jusqu'au le tombeau, Marc et Matthieu précisant qu'il s'agit de Marie de Magdala et Marie mère de Joset/Joseph (Mc 15:47, Mt 27:61, Luc 23:55-56).

Seul Matthieu nous relate que les prêtres et pharisiens firent garder le tombeau de peur que les disciples ne fassent disparaître le corps pour proclamer la résurrection (Mt 27:62-66).

La résurrection

Les quatre évangiles sont d'accord pour écrire que ce sont les femmes qui arrivent au tombeau le lendemain du Sabbat pour constater qu'il y a une anomalie. Il y a divergence sur le reste.

Pour Marc, Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et Salomé apportent des aromates pour oindre le corps, se demandant comment rouler la lourde pierre du tombeau. Mais l'entrée est déjà dégagée, et un homme en blanc assis dans le tombeau leur dit que l'homme qu'elles cherche n'est plus là, et que les disciples doivent le précéder «en Galilée», où il leur apparaîtra. Mais les femmes ont tellement eu peur qu'elles ne disent rien à personne. Néanmoins, Jésus apparaît ensuite à la seule Marie de Magdala, qui le rapporte à ses compagnons de deuil, qui ne la croient pas (Mc 16:1-11).

Pour Luc, ce sont «les femmes qui suivaient» Jésus depuis la Galilée qui constate la pierre roulée voient deux hommes en blanc qui se tiennent devant elles et leur reprochent de rechercher un vivant parmi les morts, puisqu'il avait bien dit qu'il devait être crucifié pour ressusciter. Plus convaincues que dans le récit de Marc, elles retournent le dire aux Onze et aux autres, qui ne les croient pas. Seul Pierre va ensuite constater qu'il ne reste plus que les linges et en reste surpris (Lc 24:1-12). Luc ne parle ni de rendez-vous, ni de première rencontre avec une femme.

Pour Matthieu, Marie de Magdala et l'autre Marie assistent à un tremblement de terre et au roulement de la pierre par l'ange qui s'y assied, ce qui frappe les gardes de stupeur. L'ange rassure les femmes, affirme que Jésus n'est plus là puisque qu'il est ressuscité comme prévu et fixe un rendez-vous aux disciples avec Jésus «en Galilée». Retournant rapporter cette nouvelle aux disciples, elles rencontrent le ressuscité qui confirme le rendez-vous (Mt 28:1-10).

Pour Jean enfin, c'est Marie de Magdala seule qui se borne à constater que le tombeau est ouvert. Elle court prévenir Simon qui vient en présence du disciple que Jésus aimait. Ce dernier, plus rapide, laisse à Simon l'honneur de pénétrer premier dans le tombeau, où ne subsistent que les linges. Malgré les Écritures, il n'étaient jusqu'alors pas assurés que Jésus ressusciterait. Marie de Magdala reste à pleurer près du tombeau. Elle voit deux anges assis là où le corps reposait lui demandant pourquoi elle pleurait. Puis se retournant, elle voit Jésus, qu'elle prend pour un jardinier et ne le reconnaissant que quand il l'appelle par son nom. Jésus lui dit alors qu'il va bientôt monter vers son père, ce qu'elle va répéter aux disciples (Jn 20:11-18).

Les apparitions

Après l'épisode de l'apparition à Marie de Magdala, Marc termine très vite son récit (vingt versets pour la résurrection, les apparitions et l'envoi). Peut-être parce que les femmes terrorisées n'avait pas parlé, il n'est plus question du rendez-vous en Galilée. Jésus apparaît à deux disciples qui quittaient la ville, qui le rapportèrent aux autres, aussi incrédules que face à Marie de Magdala. Il dut donc se manifester aux Onze à table pour leur reprocher de ne pas avoir cru les témoins, avant de les envoyer proclamer l'évangile (Mc 16:12-18).

Matthieu est tout aussi concis (vingt versets) que Marc sur la résurrection, les apparition et le final: il envoie les apôtres sur «une montagne de Galilée» pour le rendez-vous où certains doutent néanmoins (Mt 28:16-17).

Luc reprend et étoffe l'épisode des deux disciples en route vers le village Emmaüs, où Jésus se fait résumer sa condamnation, sa mort et les échos de sa résurrection avant de rappeler les écritures à ce sujet et de disparaître sitôt s'être fait reconnaître en bénissant le pain (Lc 24:13-32). Les apôtres, avertis, n'ont pas le temps de réagir au récit des deux que Jésus se trouve au milieu d'eux et se fait reconnaître par ses stigmates et sa matérialité, avant de demander quelque chose à manger et leur rappeler les écritures (Lc 24:33-48).

Jean parle de trois apparitions successives. Jésus apparaît le soir du même jour que la découverte du tombeau vide chez les disciples barricadés par peur des juifs [sic], leur montrant ses stigmates pour bien se faire reconnaître (Jn 20:19-20). Thomas appelé Didyme n'étant pas là et ne croyant pas ses compagnons, Jésus revient à nouveau alors que les portes sont toujours closes (Jn 20:24-39).

La troisième et dernière apparition met en scène une pêche miraculeuse en présence de sept disciples nommés ou situés. N'ayant rien pris de la nuit, Jésus apparaît sur la berge et leur conseille de jeter le filet sur la droite de la barque. C'est le disciple que Jésus aimait qui le reconnut, ce qui pousse Pierre à se jeter à l'eau. On traîne le filet jusqu'à la rive et l'on décompte précisément 153 poissons (il s'agit d'un nombre triangle, prisé par les pythagoriciens, la somme des nombres de 1 à 17). Jésus se fait apporter le poisson et le pain qu'il distribue aux disciples (Jn 21:1-14). Ce texte rappelle l'épisode de la pêche miraculeuse (Lc 5:4-10) que Luc place bien avant la passion comme le fait remarquer Hallet (2013:148).

Les adieux

Les synoptiques

Pour Marc, juste après s'être manifesté aux apôtres qui refusaient de croire les échos de la résurrection, Jésus est enlevé au ciel et s'assied à la droite de Dieu, tandis que les apôtres vont prêcher en tout lieu en confirmant la Parole par des signes (Mc 16:19-20).

Pour Matthieu, c'est de la montagne du rendez-vous en Galilée que Jésus les envoie à travers les nations pour baptiser et enseigner d'autres disciples, promettant de rester avec eux jusqu'à la fin du monde (Mt 18:18-20), sans parler d'une ascension.

Pour Luc, Jésus leur dit de demeurer en ville jusqu'à ce qu'ils reçoivent une force venue du Père, avant d'être emporté au ciel. Retourné à Jérusalem, ils passent leur temps au temple (Lc 24:49-53).

Il est à noter que l'Ascension n'est décrite que dans deux évangile: Luc affirme que Jésus «fut emporté au ciel» (Lc 24:51), marc ajoutant qu'il «s'assit à la droite de Dieu» (Mc 16:19) ; le deuxième verset des Actes rappellent l'épisode.

La Pentecôte, mettant en scène l'esprit saint sous forme de «langues de feu» se posant sur chacun des apôtres, leur conférant notamment de parler en une langue comprise de tous en même temps, ne sera décrite que dans les Actes des Apôtres (2:1-12).

Jean

Pour Jean, de la même façon qu'il y a eu trois apparitions, il semble y avoir trois fins, où il n'est jamais question d'ascension.

À la première apparition, Jésus missionne ses disciples, soufflant sur eux pour leur envoyer l'esprit saint et leur instituer le pouvoir de remettre les péchés (Jn 20:21-23).

Après être revenu pour convaincre Thomas, aucune mission n'est confiée aux disciples, mais Jean semble terminer son histoire en affirmant que beaucoup d'autres signes ont été faits sans figurer dans ce récit, écrit pour convaincre que Jésus est le Christ et qu'on peut être sauvé (Jn 20:31-31).

La troisième apparition commence par une répétition de la pêche miraculeuse, après laquelle Jésus demande trois fois à Pierre s'il l'aime et lui intime l'ordre de le suivre malgré le danger que cela signifie (Jn 21:15-19). Le «disciple que Jésus aimait» les suit également. Pierre s'en inquiétant, Jésus affirme qu'il se réserve le droit de le maintenir en vie jusqu'à ce qu'il revienne (Jn 21:20-23). S'ensuit la dernière finale, qui affirme que c'est ce dernier disciple qui a écrit le récit, qui n'aurait pu contenir tous les actes de Jésus sous peine de remplir le monde (Jn 21:24-25).