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Évolution des religions en Belgique

C

ETTE page tente de donner une vision la plus claire possible de l'évolution de la religion en Belgique, au niveau des pratiques, du sentiment religieux, de l'appartenance à l'Église... Pour l'évolution des religions dans le monde (surtout) occidental, voyez plutôt la page consacrée au «retour du religieux».

Dernière modification: mai 2017

1. Pratique – 2. Croyance – 3. Autorité morale – 4. Évangélisation – 5. Bibliographie

Puisqu'il s'agit de l'évolution de la croyance, nous serons attentif à l'étude longitudinale des valeurs des Européens, dont le volet belge est confié à la Katholieke Universiteit van Leuven (KUL) et à l'Université Catholique de Louvain (UCL). Les résultats pour l'enquête de 2009 ont paru en ce début 2012 sous forme de livre sous le titre «Autres temps, autres moeurs» (ATAM). Bien que les aspects religieux interviennent dans d'autres problématiques (famille, éthique, travail...), la religion est plus spécialement étudiée dans la section «Une Église marginalisée?», écrite par Liliane Voyé, Karel Dobbelaere et Jaak Billiet, p. 145-172.

Le chapitre commence par un simple dénombrement des Belges selon leur affiliation ou croyance: 50% de catholiques, 2,5% d'autres chrétiens, 0,4% de juifs, 5% de musulmans, 0,3% de bouddhistes, 9,2% d'athées et 32,6% de «sans appartenance religieuse». Les seuls points de comparaison sont quelques chiffres de 1981, époque à laquelle les catholiques se comptaient 72%, tandis qu'athées et personnes «sans appartenance religieuses» étaient 24%; les athées seuls ne se déclarant qu'à 4%, «une personne sur 25» (ATAM p147).

Le choix de ces catégories reflète la difficulté, pour la plupart des études, à séparer deux réalités différentes: la croyance en Dieu, nécessaire a priori pour se déclarer d'une religion monothéiste, et l'appartenance religieuse. De ce fait, il est difficile de savoir ce que regroupe ce tiers de Belges «sans appartenance religieuse»: il peut s'agir de monothéistes et de bouddhistes en marge d'une église, d'athées, d'agnostiques, de spiritualistes... Ces deux réalités sont par contre bien séparées dans les enquêtes ISSP.

En ce qui concerne l'enquête sur les valeurs des Belges, les auteurs ont tenu à préciser que l'enquête a eu lieu un an avant que n'éclatent les affaires de pédophilie dans le sein de l'Église catholique belge (ATAM p148): les réponses ne sont donc pas orientées par une réaction épidermique momentanée.

1. Baisse de la pratique

Assistance cultuelle hebdomadaire (ATAM p147)
Fréquence...1981199019992009
au moins une fois par semaine30%22%18%11%
une fois par mois  8%  8%10%  7%
seulement les jours fériés  8%13%16%14%
au plus une fois par an18%12%10%16%
(pratiquement) jamais36%44%46%52%

L'assistance assidue au culte hebdomadaire est en érosion conti­nue – islam, judaïsme et christia­nismes confon­dus – à mesure que ceux qui ne vont (pratiquement) jamais au culte augmente.

L'ensemble des catégories inter­médiaires (une fois par mois + seulement les jours fériés + au plus une fois par an), reste assez stable (36% - 33% - 36% - 37%) mais chacune de ces catégories varie de façon un peu plus chaotique, ce qui témoigne proba­blement du fait qu'il leur est moins facile d'évaluer la régularité de leur pratique que les prati­quant très réguliers où les non-pratiquants.

Cette tendance n'est pas neuve, la dimi­nution de la pratique hebdo­madaire est un phéno­mène qui a commencé bien avant 1981, même si les chiffres du XXe siècle d'une même source ne semblent pas faciles à obtenir.

Assistance à la messe des troisièmes dimanches en Belgique entre 1962 et 1968: 38,59% - 38,22% - 37,41% - 36,67% - 36,31% - 35,96% - 35,06%

Les nostalgiques de la messe en latin accusent la réforme liturgique du concile Vatican II (octobre 1962-décembre 1965) d'avoir fait fuir des fidèles, mais s'abstiennent de produire les chiffres sur l'évolution d'après-guerre. Or, les chiffres donnés par le Service des Statis­tiques Reli­gieuses de Belgique, basés sur l'assistance à la messe des troisièmes dimanches d'octobre entre 1962 et 1968, affichent justement un relatif répit dans l'érosion de la pratique dominicale de 1965 à 1967 (–0,7 point au lieu de –1,5 point de 1963 à 1965), avant de replonger de plus belle: -0,9 point pour la seule année 1968. Le sondage ayant lieu en automne, le vent de contestation de mai 68 peut partiellement expliquer la sévérité de la baisse de la dernière année.

En pourcentage entre les différentes mesures: –4,0% de 1963 à 1965, –1,9% de 1965 à 1967 et –2,5% en une seule année, de 1967 à 1968.

Note: Les chiffres en valeurs absolues du troisième dimanche d'octobre ont été rapportés à la population au 1er janvier de l'année suivante.

Belgique: pratiques religieuses

Mais la messe dominicale n'est pas la seule forme des pratiques catholiques, et l'ouvrage discute également de la baisse des baptêmes, mariages et enterre­ments. Le Service des Statistiques Religieuses de la Confé­rence épisco­pale ne fournissant plus de chiffres depuis 1998 (ATAM p148), les auteurs se sont tournés vers différentes études, mais il est malaisé de s'y retrouver dans ces informations partielles et provenant d'études différentes.

Il a donc fallu s'inspirer d'autres sources. Le premier graphi­que ci-contre se base sur une étude venant de l'ADRASS, qui rassemble dans son premier tableau, page 4, des chiffres provenant du dossier 51 du CRISP (février 2000) et du document de Sarah Botterman et Marc Hooghe: Religieuze praktijk in België in 2008: Een betere rapportering door de parochies, Centrum voor Politieke Wetenschappen, Katholieke Universiteit Leuven.

Le graphique ci-dessous intègre les chiffres de deux articles: le premier provient du site de la Libre Belgique d'après une étude de la KUL réalisée à la demande de la Conférence des évêques de Belgique, et le second d'info.­catho.­be qui se base sur le Courrier hebdomadaire du CRISP n°2112-2113, intitulé Le fonction­ne­ment de l'Église catholique dans un contexte de crise, 2011.

Belgique: pratiques religieuses

Le baptême et la pratique hebdomadaire décroissent de façon parallèle et régulière, le premier étant quand même bien plus répandu que la pratique hebdomadaire (environ 50 points d'écart). La pratique hebdomadaire ne pouvant plus beaucoup baisser, l'écart semble diminuer depuis le changement de millénaire.

Les mariages religieux ont diminué de moitié en dix ans, à cause de l'interdiction du remariage religieux (ATAM p149). Cette explication n'est probable­ment que partielle, dans un contexte de mariages plus rares et de divorces qui augmentent faiblement (en Belgique, les mariages ont chuté de 65.000 en 1990 à des chiffres entre 40.000 et 45.000 au XXIe siècle, alors que le nombre de divorces, qui a culminé à 31.405 en 2004, a augmenté de 20.331 à 24.414 de 1990 à 2015 - statbel.fgov.be...divorces/). Appliquer la constat d'un divorce pour deux mariages en 2015 à la population catholique de 2008 est peut-être un peu hasardeuse. Par contre, le retardement du premier mariage (études plus longues pour les femmes, moins de nécessité de trouver un mari...) pourrait rendre celui-ci plus indépendant de la volonté famille.

L'enterrement religieux, qui s'est longtemps maintenu, amorce une descente depuis la fin du deuxième millénaire. Il n'est pas difficile d'imaginer qu'il s'agit surtout d'un effet de génération, les personnes nées avant la guerre 40-45 étant bien plus religieuses (ATAM p. 158-161).

Il est donc intéressant de poser la question des pratiques selon les générations: l'âge du premier mariage est en moyenne plus bas que celui auquel on fait baptiser les enfants, et plus bas que l'âge des funérailles (si la volonté rituelle des défunts est respectée): cela se note dans la hiérarchie actuelle des pratiques. Il n'est pas impossible que la volonté des aïeuls se ressentait plus fortement il y a quarante années, lorsqu'on se mariait davantage à l'église et que l'on y faisait baptiser ses enfants.

Notons que le taux de funérailles religieuses et de baptêmes sont très proches et semble converger. Ces rites d'accueil dans la communauté chrétienne et d'entrée dans la vie future sont les plus respectés, et leur taux très proches du taux des croyants (55%): l'assurance pour la résurrection n'est peut-être pas absente de la perpétuation du baptême et des funérailles religieuses. Hormis le fait du remariage qui ne peut être catholique et le fait qu'on se marie moins, il est possible de rêver que l'idée des Droits de l'Homme aura eu raison de l'idée de l'«enfant né du péché»: les humains sont censés naître égaux en droit et en dignité, quelle que soit la religion de leurs parents.

Mais tout ceci ne concerne encore que la pratique, dont tout le monde a pu constater la désaffection ces dernières décennies. Notons néanmoins que les apparences sont parfois trompeuses, témoins les officines des églises du réveil très visibles depuis la fin du XXe, mais qui peuvent difficilement représenter plus des 2,5% des Belges répertoriés en 2009 comme «autres chrétiens».

2. Baisse de la croyance

Un tableau composite reprend en page 153 les croyances et les images de Dieu. Pour plus de clarté, nous scinderons les deux problématiques.

2.1 Croyances

Évolution des croyances (ATAM p153)
1981199019992009
Croyance en Dieu77%63%65%57%
Vie après la mort36%37%37%37%
Ciel33%30%26%31%
Enfer18%15%13%14%
Péché44%41%38%40%

Le tableau ci-contre confirme que 57% de la population belge croient en Dieu en 2009, ce qui semble rassembler les monothéistes de Belgique: 50% de catholiques, les 5% de musulmans, les 2,5% d'autres chrétiens et le demi pour cent de juifs.

Les croyances les plus souvent associées aux monothéismes sont bien plus basses: la notion de péché concerne 40% de la population globale; l'espérance d'une vie après la mort se stabilise à 37%. Étrangement, ces monothéistes ne croient pas nécessairement au Ciel, pourtant promis aux chrétiens et musulmans: de 33% en 1981, elle s'érode très légèrement à 31%. La moins répandue encore est la croyance à l'Enfer, la punition éternelle, qui s'est stabilisée autour de 14%.

La croyance en Dieu baisse de 77 à 57% en 28 années, ce qui semble énorme (20 points de perte par rapport à 77% représentent une perte d'un quart des croyants), mais il s'agit peut-être d'un ajustement à une réalité plutôt qu'un changement d'attitude. En effet, l'érosion de la pratique traditionnelle (enterrements, mariages, communions, baptêmes et pratique dominicale) permet en retour de moins se définir comme appartenant à la religion et par là de moins supposer que l'on croit en Dieu (l'alignement de la pensée sur la pratique est une illustration de la résistance à la dissonance cognitive, qui a maintenant moins l'occasion de se manifester).

Ce mécanisme ne concernerait pas la croyance à une vie après la mort, aussi stable qu'elle est vague et partagée avec d'autres types de pensée. Les autres croyances, plus spécifiquement monothéistes, seraient défendues par le noyau de monothéistes convaincus et cette érosion pourrait ainsi marquer la véritable évolution de la croyance en Dieu.

Nous voyons par ailleurs que plus les concepts sont concrets et plus les taux de croyances sont bas: la survie offre des formes très variées et la notion de péché varie selon les religions ou morales, tandis que le Ciel promet le bonheur, notion assez difficile à définir. L'Enfer, quant à lui, ne promet que souffrances, ce que tout le monde a eu l'occasion d'éprouver. Un dogme trop précis survivrait plus mal dans une société où la religion est facultative.

Note: les pourcentage de «Ne sait pas / ne répond pas» n'a cessé de diminuer au fil des enquêtes, ce qui fait remonter les pourcentages des catégories «Oui» et «Non». Voir cette note.

Croyance associée / croyance en Dieu
1981199019992009
Vie après la mort47%59%57%65%
Ciel43%48%40%54%
Enfer23%24%20%25%
Péché57%65%53%70%

Le tableau ci-contre tente de rapporter les croyances au nombre de croyants: en effet, s'il y a autant de personnes qui croient au Ciel alors que le nombre de croyant en Dieu diminue, on peu supposer qu'un plus grand nombre de croyants croient maintenant au Ciel: le noyau dur serait plus dogmatique. Cela n'est qu'indicatif, car il existe certainement d'anciens croyants qui conservent des sentiments de croyants: rejette-t-on nécessairement en même temps Dieu, vie après la mort, paradis, enfer, péché...? Si seuls les monothéistes (juifs, musulmans et chrétiens, c'est-à-dire 58% de la population belge) croyaient dans ces croyances associées, cela ne ferait encore que 65% des monothéistes croyant en une vie après la mort, 54% au Ciel, 25% à l'Enfer et 70% au péché, ce qui tend à accréditer les thèses du supermarché de croyance ou du bricolage spirituel développées au sujet des «nouveaux mouvements religieux», cette fois-ci à l'œuvre dans les Églises. Mais ces pourcentages de croyances associées ne représentent qu'une estimation haute, des «sans appartenance religieuse» pouvant également croire en un au-delà.

2.2 Images de Dieu

Évolution de l'image de Dieu (ATAM p153)
1981199019992009
une personne39%29%26%18%
une force ou un esprit24%20%36%37%
ne sait que penser15%29%20%23%
ne croit pas en Dieu  8%14%16%21%
pas de réponse14%  8%  2%  1%

Le second thème du tableau composite propose quelques définitions de Dieu, ce qui permet aux personnes de se positionner plus clairement vis-à-vis de son existence sans être perturbées par la question de l'appartenance religieuse. Ainsi, si seulement 9,2% des Belges s'étaient déclarées athées (voir début d'article), 21% affirment, face à une demande de définition de Dieu, ne pas y croire, ce qui représente quand même plus du double. La raison est qu'«athée» signifie probablement «qui nie explicitement l'existence de Dieu», ce que l'on appelle dans d'autres études «opposés à toute religion» (Delhez et Rezsohazy 1996:16) ou «athées convaincus» (Yves Lambert 2006). Si tel est le cas, on peut se demander pourquoi la catégorie «agnostiques» n'apparaît que rarement dans de telles études.

Ce tableau permet de voir une baisse assez nette de la notion de Dieu en tant que personne, mais aussi que les deux formes de croyance en Dieu (en vert) ne totalisaient pas l'ensemble des croyants en Dieu. Si c'est presque le cas en 2009 (18%+37%=55%, pour 57% de croyants et 58% d'appartenance à une religion monothéiste), il reste 23% de personnes qui ne savent que penser, position qui recouvre en partie la définition de l'agnosticisme.

Note: la plus grande évolution est le pourcentage de réponses, voir cette note.

3. Baisse de l'autorité morale de l'Église

Le «retour du religieux» dont on entend parler ne semble donc pas être une réalité ni dans les églises, ni dans les mentalités, mais plutôt une prétention renouvelée de l'Église d'intervenir dans les domaines politiques et moraux. Pourtant, l'autorité de l'Église catholique recule de façon significative. Dans un pays où 50% des habitants se disent catholiques, l'évolution de la réception de ses messages de 1990 à 2009 est négative:


rapports oui/non et Sans opinion
 Besoins et problèmes 199019992009
spirituels rapports1,351,000,85
nsp/nrp 27%20%4%
moraux rapports0,730,430,43
nsp/nrp 29%14%4%
familiaux rapports0,570,380,39
nsp/nrp 26%13%4%
sociaux rapports0,380,340,33
nsp/nrp 28%14%4%
Pertinence accordée aux déclarations
de l'Église (ATAM p155)
Besoins et problèmes199019992009
spirituels oui 42%40%44%
non 31%40%52%
moraux oui 30%26%29%
non 41%60%67%
familiaux oui 27%24%27%
non 47%63%69%
sociaux oui 20%22%24%
non 52%64%72%

Les avis favorables concernant les prises de position aux discours de l'Église, qui avaient baissé de 1990 à 1999, ont a priori remonté de 1999 à 2009. Cependant, les avis défavorables ont également augmenté, le nombre de personnes qui ne répondent pas ayant baissé (nsp/nrp de la colonne de droite).

En fait, on perçoit une stabilisation du rapport (assez faible) favorables/défavorables pour les discours moraux (30% de ceux qui y répondent), familiaux (28%) et sociaux (25%) de l'Église, tandis que les avis favorables envers les discours spirituels ont continué de baisser (46% des répondants).

Note: les rapports entre personnes qui jugent pertinentes ou non les discours de l'Église, ainsi que les pourcentages de «sans opinion» ont été déduits des «pour» et «contre», avec les imprécisions que cela génère. Nous voyons que davantage de personnes se prononcent avec le temps, ce qui pourrait être la trace d'une radicalisation des positions, mais également d'une plus grande insistance de la part des enquêteurs pour obtenir une réponse.

Il apparaît qu'il n'y a plus beaucoup de changements dans ces rapports entre 1999 et 2009 si ce n'est les déclarations qui concernent le spirituel. Mais si l'on se souvient que l'Église reste opposée à toute forme d'euthanasie (souvenons-nous de la condamnation de l'euthanasie de l'écrivain Hugo Claus par le cardinal Danneels), un sondage RTBF/La Libre Belgique (N=2714) nous montre une population belge massivement favorable ou plutôt favorable à la possibilité de l'euthanasie de mineurs (74%) ou de personnes démentes (79%). Il est à noter qu'à part le cas de Bruxelles, légèrement moins favorable, les nuances entre les différentes régions concernent surtout la répartition entre «favorables» ou «plutôt favorables».

Euthanasie de mineurs (1) Euthanasie de déments (2)
+++– –?+ +++– –?+
Belgique:38%36%8%6%13%74%14% 43%36%6%4%12%79%10%
Flandre:40%36%7%5%13%76%12% 46%34%7%3%12%80%10%
Bruxelles:37%33%10%8%13%70%18% 38%34%10%7%13%72%17%
Wallonie:34%40%8%6%12%74%14% 41%38%8%4%11%79%12%

Note: les pourcentages étant arrondis, leur somme peut donner un résultat légèrement différent de 100%.

Êtes-vous favorable/plutôt favorable/plutôt défavorable/défavorable...
(1) à une loi authorisant l'euthanasie de mineurs souffrant de maladies incurables, particulièrement pour des mineurs qui ne seraient plus en état de donner leur consentement (par exemple, parce qu'étant dans le coma ou dans un état végétatif prolongé)?
(2) à une loi autorisant l'euthanasie de personnes majeures souffrant de démence de type Alzheimer ou de démence vasculaire à un stade suffisamment avancé pour que ces personnes souffrent psychiquement au point de demander la mort mais à un stade trop avancé pour être en état d'exprimer la demande d'être euthanasiées (avec le consentement de deux médecins dont un spécialiste de l'affection concernée)?

4. Mais – donc? – retour de l'évangélisation

Au vu de l'évolution des cinquante dernières années, on peut conclure que le «retour du religieux» est très loin d'être une réalité en Belgique: baisse de la pratique, baisse de la croyance, baisse du sentiment d'être catholique, non compensée par la hausse d'une autre Église, défiance accrue face à son discours...

Le retour du religieux se note par contre dans la prétention de l'Église à maintenir une visibilité dans les institutions, comme la tentative d'inscrire les racines chrétiennes de l'Europe dans le Traité constitutionnel européen, la prise en charge de l'organisation des enterrements lors de catastrophes, la remise de médailles aux policiers tués dans l'exercice de ses fonctions lors de la cérémonie religieuse... les exemples sont nombreux d'un maintien anachronique de l'Église dans le politique ou le civil.

Mais il y a plus: voyant le relatif succès des Églises du réveil et autres évangélistes ou pentecôtistes, l'Église catholique tente de réagir: Benoît XVI a créé le «Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation» le 21 septembre 2010. Cela se note dans la brochure Métropolis 2012, qui contient 28 pages d'actions appelées «Chemins de Conversion», «Expérience de la Réconciliation», «Enseignement de la Foi», «Témoignage de Conversion»... et dont la préface de l'archevêque Léonard (p. 2-3) s'intitule tout simplement «La nouvelle évangélisation».

5. Bibliographie

André, Pascal
2011 «La pratique religieuse en Belgique est en nette diminution», Info-Catho mise en ligne le 14 octobre 2011
Delhez, Charles et Rudolf Rezsohazy
1996 Il est une foi, fidélité/Racine
La Libre Belgique
2008 «La pratique religieuse en recul en Belgique», La Libre Belgique, mise en ligne le 8 juillet 2008
Lambert, André
2011, «L'évolution de la pratique du culte catholique en Wallonie de 1967 à 2050», ADRASS, avril 2011
Lambert, Yves
2006 «L'Europe des "athées convaincus"», Monde des Religion, janvier-février 2006, p. 30-31
Service des Statistiques Religieuses de Belgique
1970 Population et Pratiquants dans les Doyennés et Diocèses de la Province écclésiastique Belge
Voyé, Liliane, Karel Dobbelaere et Koen Abts
2012 Autres temps, autres moeurs. Travail, famille, éthique, religion et politique: la vision des Belges, Racine/Campus, Fondation Roi Baudouin