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Quelques citations référencées à propos des religions

Peter Berger, Le réenchantement du monde, Bayard, 2001, p21 - Chapitre I: La désécularisation

(...) la modernité, pour des raisons très compréhensibles, bousculent toutes les vieilles certitudes; or, vivre dans le doute est une situation pénible pour beaucoup de gens; c'est pourquoi un certain nombre d'organisations (et pas seulement religieuses) qui promettent de fournir ou de rétablir des certitudes ont un marché tout prêt qui s'ouvre à elles.

Paul-Louis Couchoud, L'énigme de Jésus, Mercure de France, T. 162, N°593, 1er mars 1923, p. 377

Jésus est inconnu comme personnage historique. Il a pu vivre, puisque des milliards d'hommes ont vécu sans laisser de trace certaine de leur vie. C'est une simple possibilité à discuter comme telle. Il ne suffit pas de dire, avec certains critiques: nous ne savons rien de lui, sauf qu'il a existé. Il faut dire courageusement: nous ne savons rien de lui, ni s'il a existé. Dans une recherche historique, l'exactitude sévère permet seule de progresser. Or, le document qui, en bonne critique, prouverait positivement l'existence de Jésus fait défaut.

Pierre Desproges, Vivons heureux en attendant la mort, 1983 -

(...) la religion: c'est une défense naturelle qui permet à ceux qui la possèdent de supporter relativement bien la vie en suggérant qu'elle a un sens et qu'ils sont immortels. - Prélude

Si le Christ ne s'est pas suicidé, c'est que je n'ai rien compris au Nouveau Testament. Chapitre chauve

Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet, 1881, (Chapitre 8)

Pécuchet: - Quand je vois une horloge...
Bouvard: - Oui! oui! connu! mais où est le père de l'horloger?

Michel Gozard, Jésus? Une histoire qui ne peut pas être de l'Histoire, 2006 - Avertissement

Vous devez respecter notre croyance, me dira-t-on. Cette injonction culpabilisante est traduisible ainsi: Notre mission est de proclamer notre vérité par tous les moyens disponibles, mais il ne vous est pas permis de contrer notre propagande.

Marc Hallet, Les origines mythiques du christianisme, édité à compte d'auteur, 1984, p151

Les Juifs lapidaient et décapitaient, mais ne crucifiaient pas. D'un strict point de vue logique, il est donc doublement invraisemblable que le peuple juif (subitement devenu hostile à Jésus?) ait demandé aux occupants romains qu'ils détestaient, un supplice païen pour un Galiléen, c'est-à-dire un Juif!

Victor Hugo (1801-1885), Post-Scriptum de ma vie, 1901,

La prière est un auguste aveu d'ignorance.

Paul-Henri Thiry, baron d'Holbach (1723-1789)

Le christianisme dévoilé, 1761, IV. De la mythologie chrétienne

Si Dieu n'est point juste comme les hommes, nous ne savons [pas] plus comment il l'est, et nous lui attribuons une qualité dont nous n'avons aucune idée.

Histoire critique de Jésus Christ(1770) Chapitre VII, note 43

Plus une Religion est triste, plus elle plaît aux hommes, qui aiment à avoir peur.

Georges Las Vergnas (1911-1986)

Des miracles de Lourdes à Teilhard de Chardin, 1962 (L'homme moderne face au christianisme)

La théologie assure en mauvais latin que l'innocent Jésus se substitua au coupable et, par sa mort, apaisa la justice de Dieu. Étonnante justice et Dieu étrange: il s'offre en sacrifice à soi-même et s'estime alors satisfait.

Le péché originel, entre autres, crée ce complexe de déchéance si propice à la résignation et favorise «l'ordre» par l'immobilité, ce doux rêve de tous les gouvernants. Adam, en effet, aurait transmis son bonheur à ses descendants s'il avait su le conserver; à défaut, il leur leur légua la chute et la punition. Ce mythe suggère que l'enfant hérite justement de son père le bien ou le mal, la richesse ou la pauvreté. Le fils du noble sera titré dès la naissance et celui du plébéien roturier jusqu'à la tombe, sauf grâce du prince, lieutenant de Dieu. Le péché originel légitime logiquement le régime des castes.

Des miracles de Lourdes à Teilhard de Chardin, 1962 (Teilhard de Chardin)

Ce Surnaturel tombé d'en haut est inutile s'il confirme la raison et est dangereux qu'il s'y oppose. Au surplus il permet tous les abus à ceux qui s'en disent, sans preuve aucune, les distributeurs patentés.

D'autres citations de Las Vergnas sur ce blog.

Antonio López-Campillo et Juan Ignacio-Ferrera, Cours accéléré d'athéisme coll. Flibuste, Éd. Tribord, 2005

Le fondamentalisme peut être défini comme la défense irrationnelle d'une religion qui ne peut survivre à la poussée de l'Histoire. Et il y a des fondamentalismes ou des intégrismes dans toutes les religions parce que toutes les religions connues sont en danger. - p27

Face à la rationalité qui progresse, face à la modernité, la résistance croyante se doit de tomber dans les fondamentalismes ou les intégrismes. Puisqu'elle ne peut opposer de raisons face à la raison, elle doit faire appel à l'irrationalité, à la foi. - p42

André Malraux, Radioscopie du 7 mars 1974 (Jacques Chancel, Radio France)

N'est pas athée qui veut. (précisions ici)

Michel de Montaigne, Essais, II, 12

Ce n'est pas par la réflexion ou par notre intelligence que nous avons reçu notre religion, c'est par voie d'autorité et par un ordre étranger.

Charles de Segondat de Montesquieu, Lettre persanes, 1721, Lettre LIX

On a dit fort bien que, si les triangles faisaient un dieu, ils lui donneraient trois côtés.

B. Oudin, «Le "retour du sacré" en Occident et dans le Tiers-Monde», in Aspect de l'irrationalisme contemporain, Gilbert Hottois dir. Ed. de l'Université Libre de Bruxelles, 1984, p13

Il semble d'ailleurs que l'idée même de tolérance ait été l'objet d'un curieux détournement. Machine de guerre mise en place par les philosophes du XVIIIe siècle vis-à-vis d'une église abusant de ses pouvoirs de coercition, l'idée a été retournée par l'église contemporaine à son seul profit. En ce sens que toute croyance affichée est considérée comme normale alors que tout athéisme proclamé est perçu comme sectaire, et ce jusqu'au sein même de la gauche...

Marcel Proust, Du côté de chez Swann, Laffont, Coll. «Bouquins», 1987, p137

Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances, ils n'ont pas fait naître celles-ci, ils ne les détruisent pas; ils peuvent leur infliger les plus constants démentis sans les affaiblir, et une avalanche de malheurs ou de maladies se succédant sans interruption dans une famille ne la fera pas douter de la bonté de son Dieu ou du talent de son médecin.

Isabelle Richer, «Les évangéliques dans la vie politique et sociale aux États-Unis» in Hérodote n°119, 4° trimestre 2005, p10

Croyant en l'autorité suprême de la Bible, les évangéliques cherchent à appliquer ce qu'ils estiment être la volonté divine à tous les aspects de leur existence. De leur point de vue, il n'existe aucune différence entre la sphère privée et la sphère publique, tous les domaines de la société étant également soumis à l'autorité divine. L'idée d'une moralité laïque et d'un État religieusement neutre leur est donc inconcevable, et la Bible étant à leurs yeux la parole de Dieu et la seule source de moralité, ses valeurs doivent s'imposer à toutes les institutions sociales et culturelles du pays et dicter le comportement de tous.

Joann Sfar

Kishinev-des-fou (2014, 5° album de la série BD Kletzmer, postface, pp 13-14)

Nobles antiracistes. Défenseurs des hommes tous semblables. Dans les espèces humaines à protéger, on vous a mis aussi... les dogmes religieux! Quel scandale!
Moi je veux bien défendre et les Arabes et les Juifs et les Noirs et les martiens si on en trouve. Mais au titre de leur droit à vivre comme tout le monde.
Je ne veux pas, car c'est un contre-sens absolu, que l'antiracisme devienne une défense de la Bible, de la Torah ou du Coran.
Parce que rien ne devrait nous interdire d'attaquer un dogme religieux.
Parce que la religion dit son mot sur tout notre quotidien. Sur la façon dont on s'habille, dont on mange, dont on se marie. Qu'on le veuille ou non, et même si elles sont sacrées, chaque maxime religieuse est une idée. Et une idée, même si elle vient de Dieu, j'ai le droit de la combattre.

Pourquoi je m'énerve?
Parce qu'aujourd'hui encore, on minimise l'importance du religieux dans la propagation de la haine entre les hommes. Les idées religieuses vous sont fichues dans le crâne durant la toute petite enfance et par la suite, il est impossible de se les sortir de la tête.

Alain Souchon

J'étais pas là (album Toto 30 ans, rien que du malheur, 1978)

Le bon Dieu et toutes ces cloches qui sonnent
C'est le père Noël pour les grandes personnes

Et si en plus y'a personne (album La Vie Théodore, 2005)

Et si le ciel était vide?
Si toutes ces balles traçantes
Toutes ces armes de points
Toutes ces femmes ignorantes
Ces enfants orphelins
Si ces vies qui chavirent
Ces yeux mouillés
Ce n'était que le plaisir
De zigouiller?

Stendhal, Le Rouge et le Noir, 1830, Livre II, Chapitre VII: Une attaque de goutte

- L'idée la plus utile aux tyrans est celle de Dieu.