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Les partitions avec GNU/Linux

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auf si vous travaillez à partir d'un live CD ou sur une clé USB bootable, votre système GNU/linux est installé sur un disque dur, dont l'organisation des données est le point le plus délicat d'une installation. Cette page tente de donner un aperçu de la problématique.

Les disques durs de type IDE/ATAPI étaient auparavant reconnus par le système sous les descripteurs /dev/hda pour le premier, /dev/hdb pour le second, etc. Actuellement le noyau considère les disques IDE/ATAPI, les disques externes USB et les clé USB comme des disques SCSI: /dev/sda pour le premier, /dev/sdb... et plus maintenant jusqu'aux disques durs IDE/ATAPI internes (Debian 6.0 Squeeze). Pour Debian, le lecteur de CD/DVD est néanmoins considéré comme sr0.

Les disques durs peuvent être partagés en quatre partitions primaires ou physiques (de sda1 à sda4) ou logiques (sda5, sda6...), ces dernières étant des sous-partitions des partitions primaires.

Ces partitions sont formatées, c'est-à-dire que les données sont organisées selon un schéma, qui varie selon le système d'exploitation. ext2 est un format qui permet la restauration de fichiers effacés, mais ext3 est journalisé, ce qui permet la restauration des dernières modifications même en cas d'éteinte sauvage de l'ordinateur (plus fréquent que les plantages) ; ext4 devient la norme, mais sera remplacé à terme par btrfs. Je déconseille les formats exotiques tel que reiserfs: des transferts de fichiers moyens entre une partition reiser et une ext3 se sont révélés désastreux (fichiers mutilés).

Le système d'exploitation commence à perdre du temps lorsqu'une partition commence être saturée: l'analogie de l'entrepôt quasi rempli vous permet d'imaginer les déplacements supplémentaires nécessaires à l'insertion de nouvelles marchandises. Cela dépend de la grosseur des fichiers manipulés, mais 90% semble être la limite à partir de laquelle les accès au disque prennent plus de temps.

Il m'est arrivé que la partition /home entièrement saturée ne permette plus au bureau de se lancer (KDE3 en l'occurrence). Il a fallu lancer le système en mode rescue et supprimer quelques gros fichiers (mc est très pratique) pour résoudre ce problème.

Partition swap

Cette partition est utilisée à des sauvegardes temporaires pour décharger la RAM (mémoire vive, mémoire de travail du processeur). En ce sens, elle permet au système de ne pas trop ralentir en recréant ce qu'il a été obligé d'effacer faute de place. Cela dit, l'écriture et la relecture de cette mémoire d'échange prennent également du temps, ces processus sont en tout cas plus lents que la véritable RAM.

On réserve traditionnellement de une à deux fois la taille de la mémoire vive installée sur une machine, à concurrence de 2Go. Si vous disposez de 512Mo de RAM, 800Mo devraient suffire. En cas de grosse mémoire (plus de 2Go en ce début des années '10), certains estiment pouvoir s'en passer.

En cas de sauvegarde de l'état de la RAM vers le disque dur d'un portable (fonction suspend to hard disk), la swap doit contenir au moins une fois la grandeur de la mémoire RAM.

Partition root /

C'est la seule partition absolument nécessaire, puisqu'elle contient les répertoires nécessaires au système. Elle est d'ailleurs appelée root (racine) et a pour adresse / . En UNIX, les différents périphériques viennent s'accrocher à cette partition (il n'existe pas de «disques» A:, C:, D:...). Sont entre autres rattachés à la racine les répertoires suivants:

Attention: la partition / doit être reformatée (c'est en tout cas recommandable) en cas de réinstallation de GNU/Linux, entraînant la disparition de tous les répertoires qu'elle contient. Il est donc conseillé de réserver une partition /home séparée de celle du système. Le fichier /etc/fstab contient les informations indiquant au système de l'emplacement des répertoires résidant sur d'autres partitions.

Si le répertoire /home est située dans une partition à part, une installation familiale (comprenant Gnome ou KDE et les petits jeux qui leur sont associés, ainsi que de nombreuses applications comme la suite OpenOffice, les applications FireFox, VLC, Gimp, Rosegarden, Audacity...) tient facilement dans une partition / de 5 à 7Go. Je n'ai jamais dépassé 10Go alors que j'essaie beaucoup de logiciels (mais très peu de jeux, que je désinstalle par après) et que je bricole beaucoup.

Partition /boot

Le répertoire /boot contenant les fichiers permettant de lancer le système, il est fréquent de lui consacrer une partition: en cas de corruption du système de fichiers de la partition / , il sera possible, par l'option de boot «safe-mode» d'inspecter cette partition «de l'extérieur».

Son volume dépend du nombre de noyaux que le système utilise, mais 100Mo semblent suffisant pour cinq noyaux (ici, les quatre fichiers pour le noyau amd64 3.10-2 real-time, qui totalisent 16.460Ko):

  143Ko config-3.10-2-rt-amd64
11584Ko initrd.img-3.10-2-rt-amd64 (36,1Mo si décompressé)
 2307Ko System.map-3.10-2-rt-amd64
 2426Ko vmlinuz-3.10-2-rt-amd64

Cette partition contient également le lanceur de noyau GRUB (2Mo).

Partition /home

Cette partition contenant l'espace des utilisateurs du système, il est chaudement recommandé de lui réserver une partition, qui pourra être conservée lors d'une réinstallation du système. L'espace réservé à cette partition dépend du nombre d'utilisateurs et de leurs besoins. De qualité moyenne, une photo jpg de 2048x1536 ainsi qu'une minute de mp3 pèsent environ 1Mo; c'est 10 fois plus pour un fichier wav.

Autre partitions

On peut réserver une grosse partition /archives pour des fichiers de consultation peu courante; pour le répertoire /var si la machine est utilisée comme serveur...